RENDRE GRÂCES - Partie 2

RENDRE GRÂCES - Partie 2

Nous nous souvenons de ces dix lépreux guéris par Notre-Seigneur, mais dont un seul, un étranger, vient rendre grâces à Jésus de sa guérison. À celui qui se prosterne devant lui en un geste de reconnaissance et de soumission totale, le Sauveur redit la phrase que nous avons si souvent entendue : « Ta foi t’a sauvé. » Et voici le bienfait surnaturel qui se surajoute au bienfait corporel. Pourtant les autres lépreux avaient cru à la guérison promise ! La gratitude du Samaritain donne à cette foi toute sa valeur, et ouvre, semble-t-il, la porte à une grâce plus grande, celle du salut de l’âme incomparablement au-dessus du salut du corps.

 

Ainsi l’a compris saint Bernard :

« Nous en voyons bien encore de nos jours un certain nombre qui demandent à Dieu, avec assez d’insistance, ce qui leur manque ; mais on n’en voit qu’un bien petit nombre qui semblent reconnaissants des bienfaits qu’ils ont reçus. Il n’y pas de mal à demander avec insistance, mais si Dieu ne nous exauce pas, c’est qu’il nous trouve ingrats. Après tout, peut-être, est-ce encore un acte de clémence de sa part de refuser aux ingrats ce qu’ils demandent, pour qu’ils ne soient pas jugés d’autant plus rigoureusement à cause de leur ingratitude. C’est donc par miséricorde que Dieu nous refuse miséricorde… Mais heureux le Samaritain qui reconnut qu’il ne possédait rien qu’il ne l’eût reçu. Heureux celui qui, à chaque don de la grâce, revient à celui en qui se retrouve la plénitude de toutes les grâces, car si nous nous montrons reconnaissants à son égard pour tout ce que nous en avons reçu, nous préparons la place en nous à la grâce, et nous nous rendons dignes de la recevoir en plus grande abondance. »

 

Méditons ces avertissements précieux, car aujourd’hui que les circonstances désastreuses de notre monde nous font peut-être retrouver le chemin de Dieu et le souci de la prière, n’oublions pas que les premiers bienfaits de Dieu, ses grâces les plus précieuses, sont les grâces qu’il accorde à notre âme, et non pas ces faveurs matérielles censées nous mettre à l’abri de sa colère ! Et ne nous montrons pas ingrats envers ces mêmes grâces qu’il n’a pas manqué de nous offrir déjà par le passé. Souvent nous prétextons de difficultés matérielles, d’épreuves temporelles pour en vouloir à Dieu et lui refuser notre reconnaissance et notre amour. Mais il a déjà été si bon avec nous ! En nous faisant le cadeau de la foi, en se donnant à nous par l’état de grâce, en restant à notre disposition permanente au travers des sacrements, spécialement celui de la sainte Eucharistie…

 

Donnons à notre grand Dieu, par notre reconnaissance et notre prière, la place souveraine qui lui revient, comme le fit ce Samaritain qui revint se prosterner aux pieds de Notre-Seigneur. Lisez et méditez ce texte gravé sur un vieux Calvaire flamand de 1632 :

« Je suis la Lumière

Et vous ne me voyez pas

Je suis la Route

Et vous ne me suivez pas

Je suis la Vérité

Et vous ne me croyez pas

Je suis la Vie

Et vous ne me recherchez pas

Je suis votre Maître

Et vous ne m'écoutez pas

Je suis votre Chef

Et vous ne m'obéissez pas

Je suis votre Dieu

Et vous ne me priez pas

Je suis votre grand Ami

Et vous ne m'aimez pas

 

Si vous êtes malheureux,

Ne me le reprochez pas. »

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